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mardi, 01 septembre 2026 / 10:08
LE CAIRE ET PÉKIN : UN PARTENARIAT STRATÉGIQUE RENOUVELÉ
Ensemble pour un avenir de prospérité partagée au service des peuples égyptien et chinois et de l’humanité
Par / Abdel Fattah Al-Sissi
Président de la République arabe d’Égypte
Nous célébrons cette année le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la République arabe d’Égypte et la République populaire de Chine. L’Égypte fut, dès 1956, la première nation arabe et africaine à sceller des liens diplomatiques avec la Chine, s’inscrivant dans le prolongement d'une proximité civilisationnelle et d'une histoire plurimillénaire partagées. À l’occasion de cet anniversaire mémorable, nous sommes honorés d’accueillir le Président chinois, M. Xi Jinping, en visite officielle en Égypte en tant qu'hôte illustre et chaleureusement estimé.
Au cours de l’Histoire, l’Égypte et la Chine ont tissé des liens d’amitié indéfectibles, jetant un pont entre le Nil éternel — berceau de la civilisation égyptienne et source de vie — et le majestueux fleuve Yangtsé, berceau de la culture chinoise et foyer de sa sagesse millénaire. Des Pyramides à la Grande Muraille, ces deux civilisations ont éclairé l’essor des nations et le progrès de l’humanité par leurs savoirs et leurs découvertes.
Cet héritage se traduit par les avancées pionnières de l’Égypte en médecine, en ingénierie et en astronomie, mais aussi par les inventions majeures de la Chine, dont les savants modernes s’inspirent depuis la révolution industrielle. Sans l’héritage de connaissances accumulées transmis par ces deux grandes civilisations, le monde n’aurait pu atteindre ce niveau avancé d’évolution considérable dans tous les domaines. Forts de cette contribution historique unique, l’Égypte et la Chine sont pleinement fondées à revendiquer un accès équitable aux technologies de pointe, condition essentielle pour assurer un développement durable et inclusif au bénéfice de leurs peuples et de l'humanité tout entière.
Les deux nations sont unies par une route commerciale séculaire, véritable pont d'échanges matériels et humains, s'étirant de la Route de la soie chinoise jusqu'à la mer Rouge et au canal de Suez, artère vitale du commerce mondial. Le long de cet itinéraire, les missions et caravanes naviguaient, reliant les côtes asiatiques aux ports égyptiens de la mer Rouge et de la Méditerranée. Aujourd'hui encore, ces voies historiques continuent d'incarner le trait d'union incontournable entre l'Orient et l'Occident.
Les ports égyptiens s'imposaient alors comme une plaque tournante du commerce entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique. Au-delà du flux des marchandises, ce réseau stratégique a favorisé un véritable brassage culturel et intellectuel, tissant un socle de valeurs partagées au fil de siècles d'échanges humains et économiques. Cette proximité historique a naturellement trouvé son couronnement il y a sept décennies avec l'établissement de nos relations diplomatiques — un tournant fondateur qui continue d'alimenter l'essor et le rayonnement des relations bilatérales.
En devenant la première nation arabe et africaine à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, l’Égypte a affirmé, dès cette époque charnière, son engagement indéfectible envers la souveraineté des peuples et leur droit à choisir librement leur modèle politique et économique. Ce geste visionnaire a ouvert la voie à un rapprochement global entre la Chine, le monde arabe et le continent africain. Cet élan n'a cessé de s'amplifier depuis, trouvant son apogée dans la création du Forum de coopération Sino-Arabe et du Forum de coopération Sino-Africaine (FOCAC).
L’Égypte a constamment défendu le principe d’une seule Chine, rejeté toute ingérence dans ses affaires intérieures et soutenu le rétablissement de la Chine dans son siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. En retour, la Chine a toujours appuyé les causes arabes, en premier lieu le droit inaliénable du peuple palestinien à établir un État indépendant. Ces positions historiques demeurent gravées dans la mémoire de nos deux nations comme autant de repères lumineux. Évoquées avec fierté à l'occasion de cet anniversaire symbolique, elles constituent le socle de notre solidarité et le tremplin d'une coopération toujours plus étroite.
Au cours des sept dernières décennies, les relations égypto-chinoises ont connu une évolution tangible, trouvant leur concrétisation dans l'accord de Partenariat Stratégique Global en 2014, lors de ma première visite officielle en République populaire de Chine. À cette étape charnière, l’Égypte était animée par la volonté de redéfinir sa politique étrangère pour tisser des liens solides et diversifiés à l'échelle mondiale. En tendant la main à ses amies, notre pays a fait le choix de bâtir des partenariats ambitieux fondés sur le respect mutuel, la solidarité et le partage d'intérêts stratégiques. Cet élan a permis d'impulser un développement conjoint dans des secteurs clefs : infrastructures, investissements, commerce, industrialisation et transfert de technologies.
La Chine a été parmi les premières nations à réaffirmer sa volonté de consolider ses liens avec l’Égypte sur la base de ces principes partagés. Devenus le socle inaltérable de nos relations historiques, ces engagements ont permis de générer des bénéfices tangibles pour nos peuples et de préserver les intérêts stratégiques de nos deux pays.
Fort de cette dynamique, le Partenariat Stratégique Global a insufflé un élan inédit à la coopération bilatérale. La Chine s'est ainsi imposée comme un partenaire commercial et économique de premier plan pour l’Égypte, portée par une hausse continue de ses investissements directs, en particulier au sein de la Zone Économique du Canal de Suez (SCZone). Ce pôle stratégique offre aux investisseurs chinois un cadre à forte valeur ajoutée, enrichi par la présence d'industries mondiales majeures et tirant pleinement parti de la position géographique de l'Égypte, véritable carrefour entre l'Orient et l'Occident.
Les entreprises chinoises ont pris une part active à la réalisation de plusieurs projets d'envergure nationale en Égypte : la construction du quartier d'affaires de la Nouvelle Capitale, le lancement du train électrique rapide vers la ville du 10 Ramadan, le développement des énergies renouvelables ou encore la modernisation des infrastructures portuaires. Menés dans le cadre de notre plan d'aménagement du territoire, ces chantiers d'infrastructure ont permis à l'Égypte de se hisser au premier plan mondial. Ils posent aujourd'hui les jalons d'un tissu industriel intégré et moderne, consolidant le rôle de notre pays comme hub logistique mondial pour l'industrie, le commerce et les services.
La modernisation remarquable de nos infrastructures fait désormais de l’Égypte une destination privilégiée pour les investissements industriels mondiaux. La Chine figure parmi les pays désireux d’établir des industries en Égypte et de bénéficier des nombreux avantages qu’offre le pays dans ce domaine. À ce titre, la Chine s'impose comme un partenaire clé, soucieux de tirer profit de ces atouts stratégiques. Nos deux nations s'accordent sur la parfaite complémentarité entre la politique égyptienne de relocalisation industrielle et la stratégie chinoise de « développement de haute qualité », visant à attirer davantage d’industries chinoises en Égypte, notamment dans les domaines des véhicules électriques, des batteries de stockage, des énergies renouvelables, des équipements électroniques, des composants des stations de dessalement de l’eau de mer, de la construction navale, ainsi que dans d’autres secteurs.
Cette coopération vise également à intensifier le transfert de technologies dans des secteurs stratégiques tels que les télécommunications, l’intelligence artificielle et les sciences spatiales. Priorités absolues pour notre essor économique et technologique, ces domaines constitueront les piliers majeurs du partenariat égypto-chinois pour les années à venir.
L’expérience de développement de la Chine, marquée par des avancées économiques fulgurantes et l’élimination de l’extrême pauvreté, constitue une source d’inspiration majeure pour le Sud global. L'Égypte salue ce parcours avec admiration, tout en restant convaincue que chaque nation en développement peut bâtir sa propre prospérité selon un modèle souverain, adapté à ses spécificités culturelles et à son histoire. Pour concrétiser ces objectifs de modernisation, il est toutefois indispensable que la communauté internationale garantisse un environnement mondial équitable et propice à l’essor de ces pays.
Dans cette perspective, l’Égypte a pleinement assumé sa responsabilité régionale et internationale au cours des dernières décennies, réaffirmant son attachement indéfectible aux principes de la Charte des Nations Unies, au droit international et à un ordre mondial fondé sur des règles. Soucieuse de renforcer le rôle des institutions multilatérales dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales, elle s'est imposée comme un contributeur majeur aux opérations de maintien et de consolidation de la paix.
L’Égypte s’est également pleinement investie aux côtés de la communauté internationale pour renforcer l’action des organisations économiques mondiales en faveur d'un développement inclusif et de l’atteinte des Objectifs de développement durable de l’ONU. Elle a constamment soutenu le renforcement de la voix du Sud global et l’accroissement de sa représentation au sein des institutions internationales, d’une manière qui respecte le droit de ces pays à exprimer leurs aspirations et à prendre en compte leurs priorités.
C'est dans ce cadre que l’Égypte s’est employée à rejoindre de nouvelles instances émergentes, concrétisant en 2024 son adhésion au groupe des BRICS, à la Nouvelle Banque de développement et à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII). Notre pays est également devenu partenaire de dialogue de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), témoignant de notre volonté de promouvoir le dialogue Sud-Sud et de diversifier nos alliances mondiales. Je saisis cette opportunité pour adresser mes chaleureuses félicitations à la Chine pour sa prochaine présidence des BRICS. L’Égypte se réjouit à la perspective d’une concertation et d'une coordination étroites avec elle tout au long de ce mandat.
Face à l'intensification de la polarisation et des rivalités géopolitiques, l’Égypte a constamment fait du principe d’équilibre stratégique la boussole de sa diplomatie. Réaffirmant l’indépendance de sa politique étrangère, elle appelle à une mobilisation internationale coordonnée pour surmonter des défis globaux qui menacent désormais l’ensemble de l'humanité. L’Égypte et la Chine s’imposent ainsi comme deux partenaires majeurs, œuvrant de concert à consolider le rôle du Sud global au sein de l'architecture mondiale, afin de bâtir un ordre international plus juste et équitable pour les nations en développement.
Dans cette même perspective, l’Égypte a déployé d’intenses efforts diplomatiques pour favoriser la désescalade au Moyen-Orient et prévenir la propagation des conflits. La région traverse actuellement une conjoncture critique, marquée par des crises aiguës qui menacent non seulement la stabilité régionale, mais compromettent également la paix et la sécurité internationales.
Face à ces périls, l’Égypte et la Chine partagent une conviction commune : le règlement des conflits exige le recours exclusif aux voies pacifiques, la prise en compte légitime des préoccupations sécuritaires de chaque partie et le strict respect de la souveraineté des États. L’extension des théâtres de crise et l’escalade armée ne servent aucun intérêt, qu’il soit régional ou international, mais compromettent au contraire l’avenir de toutes les nations.
Berceau de la civilisation égyptienne, le Nil demeure le cœur battant de notre prospérité à travers l'histoire. Depuis des millénaires, ce fleuve constitue un patrimoine commun, garant de la vie et du progrès pour l'ensemble des peuples de son bassin. Fidèle à cette responsabilité partagée, l’Égypte s’est invariablement investie dans le développement des nations riveraines, apportant son expertise dans la gestion des ressources hydriques et la construction d'ouvrages majeurs — du Soudan à l'Ouganda, jusqu'à sa contribution récente au grand complexe hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie.
L’Égypte réaffirme son engagement inébranlable en faveur d’une coopération transfrontalière rigoureusement adossée aux principes du droit international, rejetant toute mesure unilatérale préjudiciable aux pays en aval. Notre pays demeure guidé par une conviction profonde : la gestion durable des ressources hydriques partagées exige impérativement la notification préalable, la concertation et le consensus entre l’ensemble des États riverains.
L’Égypte salue avec une profonde reconnaissance la position de la Chine, qui réaffirme l’importance vitale du Nil comme artère nourricière essentielle de notre nation. Nous soulignons de nouveau la nécessité d'interdire tout acte unilatéral et de promouvoir une coopération de bonne foi, portée par la réciprocité des bénéfices et le respect des intérêts mutuels.
À l’image des grands jalons d'amitié posés au fil des décennies, nous aspirons à écrire ensemble un nouveau chapitre d'une relation séculaire. En inaugurant cette nouvelle ère de progrès partagé au service de nos deux peuples, nous formulons le vœu ardent d'un monde plus stable, plus sûr et plus prospère.
mardi, 01 septembre 2026 / 10:08
LE CAIRE ET PÉKIN : UN PARTENARIAT STRATÉGIQUE RENOUVELÉ
Ensemble pour un avenir de prospérité partagée au service des peuples égyptien et chinois et de l’humanité
Par / Abdel Fattah Al-Sissi
Président de la République arabe d’Égypte
Nous célébrons cette année le 70ᵉ anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre la République arabe d’Égypte et la République populaire de Chine. L’Égypte fut, dès 1956, la première nation arabe et africaine à sceller des liens diplomatiques avec la Chine, s’inscrivant dans le prolongement d'une proximité civilisationnelle et d'une histoire plurimillénaire partagées. À l’occasion de cet anniversaire mémorable, nous sommes honorés d’accueillir le Président chinois, M. Xi Jinping, en visite officielle en Égypte en tant qu'hôte illustre et chaleureusement estimé.
Au cours de l’Histoire, l’Égypte et la Chine ont tissé des liens d’amitié indéfectibles, jetant un pont entre le Nil éternel — berceau de la civilisation égyptienne et source de vie — et le majestueux fleuve Yangtsé, berceau de la culture chinoise et foyer de sa sagesse millénaire. Des Pyramides à la Grande Muraille, ces deux civilisations ont éclairé l’essor des nations et le progrès de l’humanité par leurs savoirs et leurs découvertes.
Cet héritage se traduit par les avancées pionnières de l’Égypte en médecine, en ingénierie et en astronomie, mais aussi par les inventions majeures de la Chine, dont les savants modernes s’inspirent depuis la révolution industrielle. Sans l’héritage de connaissances accumulées transmis par ces deux grandes civilisations, le monde n’aurait pu atteindre ce niveau avancé d’évolution considérable dans tous les domaines. Forts de cette contribution historique unique, l’Égypte et la Chine sont pleinement fondées à revendiquer un accès équitable aux technologies de pointe, condition essentielle pour assurer un développement durable et inclusif au bénéfice de leurs peuples et de l'humanité tout entière.
Les deux nations sont unies par une route commerciale séculaire, véritable pont d'échanges matériels et humains, s'étirant de la Route de la soie chinoise jusqu'à la mer Rouge et au canal de Suez, artère vitale du commerce mondial. Le long de cet itinéraire, les missions et caravanes naviguaient, reliant les côtes asiatiques aux ports égyptiens de la mer Rouge et de la Méditerranée. Aujourd'hui encore, ces voies historiques continuent d'incarner le trait d'union incontournable entre l'Orient et l'Occident.
Les ports égyptiens s'imposaient alors comme une plaque tournante du commerce entre l'Asie, l'Europe et l'Afrique. Au-delà du flux des marchandises, ce réseau stratégique a favorisé un véritable brassage culturel et intellectuel, tissant un socle de valeurs partagées au fil de siècles d'échanges humains et économiques. Cette proximité historique a naturellement trouvé son couronnement il y a sept décennies avec l'établissement de nos relations diplomatiques — un tournant fondateur qui continue d'alimenter l'essor et le rayonnement des relations bilatérales.
En devenant la première nation arabe et africaine à établir des relations diplomatiques avec la République populaire de Chine, l’Égypte a affirmé, dès cette époque charnière, son engagement indéfectible envers la souveraineté des peuples et leur droit à choisir librement leur modèle politique et économique. Ce geste visionnaire a ouvert la voie à un rapprochement global entre la Chine, le monde arabe et le continent africain. Cet élan n'a cessé de s'amplifier depuis, trouvant son apogée dans la création du Forum de coopération Sino-Arabe et du Forum de coopération Sino-Africaine (FOCAC).
L’Égypte a constamment défendu le principe d’une seule Chine, rejeté toute ingérence dans ses affaires intérieures et soutenu le rétablissement de la Chine dans son siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. En retour, la Chine a toujours appuyé les causes arabes, en premier lieu le droit inaliénable du peuple palestinien à établir un État indépendant. Ces positions historiques demeurent gravées dans la mémoire de nos deux nations comme autant de repères lumineux. Évoquées avec fierté à l'occasion de cet anniversaire symbolique, elles constituent le socle de notre solidarité et le tremplin d'une coopération toujours plus étroite.
Au cours des sept dernières décennies, les relations égypto-chinoises ont connu une évolution tangible, trouvant leur concrétisation dans l'accord de Partenariat Stratégique Global en 2014, lors de ma première visite officielle en République populaire de Chine. À cette étape charnière, l’Égypte était animée par la volonté de redéfinir sa politique étrangère pour tisser des liens solides et diversifiés à l'échelle mondiale. En tendant la main à ses amies, notre pays a fait le choix de bâtir des partenariats ambitieux fondés sur le respect mutuel, la solidarité et le partage d'intérêts stratégiques. Cet élan a permis d'impulser un développement conjoint dans des secteurs clefs : infrastructures, investissements, commerce, industrialisation et transfert de technologies.
La Chine a été parmi les premières nations à réaffirmer sa volonté de consolider ses liens avec l’Égypte sur la base de ces principes partagés. Devenus le socle inaltérable de nos relations historiques, ces engagements ont permis de générer des bénéfices tangibles pour nos peuples et de préserver les intérêts stratégiques de nos deux pays.
Fort de cette dynamique, le Partenariat Stratégique Global a insufflé un élan inédit à la coopération bilatérale. La Chine s'est ainsi imposée comme un partenaire commercial et économique de premier plan pour l’Égypte, portée par une hausse continue de ses investissements directs, en particulier au sein de la Zone Économique du Canal de Suez (SCZone). Ce pôle stratégique offre aux investisseurs chinois un cadre à forte valeur ajoutée, enrichi par la présence d'industries mondiales majeures et tirant pleinement parti de la position géographique de l'Égypte, véritable carrefour entre l'Orient et l'Occident.
Les entreprises chinoises ont pris une part active à la réalisation de plusieurs projets d'envergure nationale en Égypte : la construction du quartier d'affaires de la Nouvelle Capitale, le lancement du train électrique rapide vers la ville du 10 Ramadan, le développement des énergies renouvelables ou encore la modernisation des infrastructures portuaires. Menés dans le cadre de notre plan d'aménagement du territoire, ces chantiers d'infrastructure ont permis à l'Égypte de se hisser au premier plan mondial. Ils posent aujourd'hui les jalons d'un tissu industriel intégré et moderne, consolidant le rôle de notre pays comme hub logistique mondial pour l'industrie, le commerce et les services.
La modernisation remarquable de nos infrastructures fait désormais de l’Égypte une destination privilégiée pour les investissements industriels mondiaux. La Chine figure parmi les pays désireux d’établir des industries en Égypte et de bénéficier des nombreux avantages qu’offre le pays dans ce domaine. À ce titre, la Chine s'impose comme un partenaire clé, soucieux de tirer profit de ces atouts stratégiques. Nos deux nations s'accordent sur la parfaite complémentarité entre la politique égyptienne de relocalisation industrielle et la stratégie chinoise de « développement de haute qualité », visant à attirer davantage d’industries chinoises en Égypte, notamment dans les domaines des véhicules électriques, des batteries de stockage, des énergies renouvelables, des équipements électroniques, des composants des stations de dessalement de l’eau de mer, de la construction navale, ainsi que dans d’autres secteurs.
Cette coopération vise également à intensifier le transfert de technologies dans des secteurs stratégiques tels que les télécommunications, l’intelligence artificielle et les sciences spatiales. Priorités absolues pour notre essor économique et technologique, ces domaines constitueront les piliers majeurs du partenariat égypto-chinois pour les années à venir.
L’expérience de développement de la Chine, marquée par des avancées économiques fulgurantes et l’élimination de l’extrême pauvreté, constitue une source d’inspiration majeure pour le Sud global. L'Égypte salue ce parcours avec admiration, tout en restant convaincue que chaque nation en développement peut bâtir sa propre prospérité selon un modèle souverain, adapté à ses spécificités culturelles et à son histoire. Pour concrétiser ces objectifs de modernisation, il est toutefois indispensable que la communauté internationale garantisse un environnement mondial équitable et propice à l’essor de ces pays.
Dans cette perspective, l’Égypte a pleinement assumé sa responsabilité régionale et internationale au cours des dernières décennies, réaffirmant son attachement indéfectible aux principes de la Charte des Nations Unies, au droit international et à un ordre mondial fondé sur des règles. Soucieuse de renforcer le rôle des institutions multilatérales dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales, elle s'est imposée comme un contributeur majeur aux opérations de maintien et de consolidation de la paix.
L’Égypte s’est également pleinement investie aux côtés de la communauté internationale pour renforcer l’action des organisations économiques mondiales en faveur d'un développement inclusif et de l’atteinte des Objectifs de développement durable de l’ONU. Elle a constamment soutenu le renforcement de la voix du Sud global et l’accroissement de sa représentation au sein des institutions internationales, d’une manière qui respecte le droit de ces pays à exprimer leurs aspirations et à prendre en compte leurs priorités.
C'est dans ce cadre que l’Égypte s’est employée à rejoindre de nouvelles instances émergentes, concrétisant en 2024 son adhésion au groupe des BRICS, à la Nouvelle Banque de développement et à la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (BAII). Notre pays est également devenu partenaire de dialogue de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), témoignant de notre volonté de promouvoir le dialogue Sud-Sud et de diversifier nos alliances mondiales. Je saisis cette opportunité pour adresser mes chaleureuses félicitations à la Chine pour sa prochaine présidence des BRICS. L’Égypte se réjouit à la perspective d’une concertation et d'une coordination étroites avec elle tout au long de ce mandat.
Face à l'intensification de la polarisation et des rivalités géopolitiques, l’Égypte a constamment fait du principe d’équilibre stratégique la boussole de sa diplomatie. Réaffirmant l’indépendance de sa politique étrangère, elle appelle à une mobilisation internationale coordonnée pour surmonter des défis globaux qui menacent désormais l’ensemble de l'humanité. L’Égypte et la Chine s’imposent ainsi comme deux partenaires majeurs, œuvrant de concert à consolider le rôle du Sud global au sein de l'architecture mondiale, afin de bâtir un ordre international plus juste et équitable pour les nations en développement.
Dans cette même perspective, l’Égypte a déployé d’intenses efforts diplomatiques pour favoriser la désescalade au Moyen-Orient et prévenir la propagation des conflits. La région traverse actuellement une conjoncture critique, marquée par des crises aiguës qui menacent non seulement la stabilité régionale, mais compromettent également la paix et la sécurité internationales.
Face à ces périls, l’Égypte et la Chine partagent une conviction commune : le règlement des conflits exige le recours exclusif aux voies pacifiques, la prise en compte légitime des préoccupations sécuritaires de chaque partie et le strict respect de la souveraineté des États. L’extension des théâtres de crise et l’escalade armée ne servent aucun intérêt, qu’il soit régional ou international, mais compromettent au contraire l’avenir de toutes les nations.
Berceau de la civilisation égyptienne, le Nil demeure le cœur battant de notre prospérité à travers l'histoire. Depuis des millénaires, ce fleuve constitue un patrimoine commun, garant de la vie et du progrès pour l'ensemble des peuples de son bassin. Fidèle à cette responsabilité partagée, l’Égypte s’est invariablement investie dans le développement des nations riveraines, apportant son expertise dans la gestion des ressources hydriques et la construction d'ouvrages majeurs — du Soudan à l'Ouganda, jusqu'à sa contribution récente au grand complexe hydroélectrique Julius Nyerere en Tanzanie.
L’Égypte réaffirme son engagement inébranlable en faveur d’une coopération transfrontalière rigoureusement adossée aux principes du droit international, rejetant toute mesure unilatérale préjudiciable aux pays en aval. Notre pays demeure guidé par une conviction profonde : la gestion durable des ressources hydriques partagées exige impérativement la notification préalable, la concertation et le consensus entre l’ensemble des États riverains.
L’Égypte salue avec une profonde reconnaissance la position de la Chine, qui réaffirme l’importance vitale du Nil comme artère nourricière essentielle de notre nation. Nous soulignons de nouveau la nécessité d'interdire tout acte unilatéral et de promouvoir une coopération de bonne foi, portée par la réciprocité des bénéfices et le respect des intérêts mutuels.
À l’image des grands jalons d'amitié posés au fil des décennies, nous aspirons à écrire ensemble un nouveau chapitre d'une relation séculaire. En inaugurant cette nouvelle ère de progrès partagé au service de nos deux peuples, nous formulons le vœu ardent d'un monde plus stable, plus sûr et plus prospère.