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mercredi, 04 février 2026 / 04:54
Déclaration conjointe de la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau entre la République arabe d’Égypte et la République de Turquie (Le Caire, le 4 février 2026)
La République arabe d’Égypte et la République de Turquie (ci-après dénommées « les Parties ») ;
Rappelant la création du Conseil de coopération stratégique de haut niveau et la tenue de sa première réunion à Ankara le 4 septembre 2024, coprésidée par les Présidents des deux États ;
Guidées par les liens historiques fraternels et anciens qui unissent la République arabe d’Égypte et la République de Turquie, et par leur engagement commun à développer les relations bilatérales sur la base du respect et de l’intérêt mutuels ;
Constatant avec satisfaction la dynamique positive insufflée aux relations bilatérales ces dernières années ;
Affirmant leur détermination à renforcer la coordination et la coopération au sein des instances internationales et régionales afin de soutenir les efforts mondiaux déployés pour relever les défis communs, notamment la paix et la sécurité internationales, le développement durable, le changement climatique, la protection de l’environnement et la sécurité alimentaire ;
Reconnaissant le rôle essentiel de la coopération économique dans la promotion de la prospérité et d’un développement socio-économique inclusif grâce à un partenariat productif et mutuellement avantageux ;
Réunis à l’occasion de la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, tenue au Caire le 4 février 2026 sous la coprésidence des deux chefs d’État ;
1. Réaffirmant le rôle du Groupe de planification conjoint comme principal mécanisme de supervision et de coordination des relations bilatérales dans tous les domaines, se félicitant des résultats de sa réunion du 12 novembre 2025 et réitérant l’importance d’une coordination institutionnelle efficace et d’un suivi rigoureux pour garantir la mise en œuvre et obtenir des résultats tangibles.
2. Se félicitant de la signature de mémorandums d'accord dans des domaines clés, notamment la coopération en matière de défense, d’investissement, de commerce, d’agriculture, de santé, de jeunesse et de sport, et de protection sociale.
3. Prenant acte de la forte croissance du volume des échanges commerciaux bilatéraux, qui avoisine désormais les 9 milliards de dollars américains, en affirmant que ces progrès témoignent de la volonté politique commune d’élever les relations à un nouveau niveau de partenariat stratégique. Ils réaffirment leur objectif commun d'accroître le volume des échanges commerciaux bilatéraux à 15 milliards de dollars américains d'ici à 2028, grâce à un renforcement accru des liens économiques et commerciaux.
4. Ils soulignent le rôle essentiel d'un environnement favorable aux investissements mutuels pour promouvoir des relations économiques bilatérales durables, équilibrées et mutuellement avantageuses. Ils encouragent les échanges de délégations, l'organisation d'expositions et la tenue de forums d'investissement afin de renforcer la coopération commerciale et les opportunités d'investissement dans les deux pays.
5. Ils conviennent de poursuivre l'amélioration du climat d'investissement dans les deux pays et, à cet égard, saluent la création du Comité national pour la promotion et le suivi des investissements turcs en Égypte, dont l'objectif est de faciliter davantage les procédures d'investissement.
6. Ils décident de renforcer la coopération industrielle et la production conjointe dans les secteurs prioritaires, afin de développer la production locale et de faciliter les transferts de technologie selon des modalités mutuellement convenues. Ils affirment l'importance de renforcer les investissements mutuels et les partenariats industriels, notamment les zones industrielles communes et les projets destinés aux marchés régionaux et internationaux, soulignant l'importance de renforcer la coopération en matière de transfert de technologie, d'innovation et de renforcement des capacités par le biais de la formation, des partenariats institutionnels et des échanges d'expertises. Ils s’engagent à renforcer leur coopération en matière de production à faibles émissions et de transition écologique, notamment dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets et des projets industriels à faibles émissions de carbone.
7. Les deux parties réaffirment leur engagement à renforcer leur coopération économique, en mettant l’accent sur la réforme économique, les secteurs à forte productivité, les infrastructures de pointe et la croissance tirée par le secteur privé, tout en reconnaissant les grands potentiels de coopération dans l’innovation industrielle et la production à haute valeur ajoutée, à titre d'exemple dans les industries de l’automobile et des machines, de la construction et du développement des infrastructures, des énergies renouvelables, de l’agriculture, de l’agro-industrie et du tourisme.
8. Ils conviennent de renforcer leur coopération dans les secteurs de l’électricité et des énergies renouvelables dans le cadre du Mémorandum d’accord signé en septembre 2024 et décident de désigner des points focaux nationaux chargés de coordonner les groupes de travail conjoints dans les domaines de l’énergie conventionnelle, des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, ainsi que de l’énergie nucléaire.
9. Les deux parties réaffirment l’importance de la mise en œuvre du Mémorandum d’accord sur les hydrocarbures et l’exploitation minière signé en mai 2025. Dans ce contexte, elles conviennent de coopérer dans les activités d’exploration et de développement des hydrocarbures et de l’exploitation minière en Égypte, notamment par l’intermédiaire de leurs entreprises et institutions publiques, et d’échanger leurs expériences en matière d’activités géologiques et de technologies minières modernes.
10. Elles décident de renforcer leur coopération macroéconomique en redynamisant la coopération douanière dans le cadre des instruments juridiques existants, notamment par l’échange de listes actualisées de clients du programme de l'Opérateur Economique Agréé (OEA), afin de faciliter les échanges commerciaux et d’améliorer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement. Elles conviennent également d’instaurer un dialogue financier de haut niveau entre leurs ministères des Finances pour échanger leur expertise, suivre l’évolution de la situation financière régionale et internationale et explorer les possibilités de renforcer la coopération économique et les investissements.
11. Ils reconnaissent le rôle stratégique de l'aviation civile comme un élément clé pour faciliter la coopération économique, le commerce, le tourisme, les investissements et la communication entre les peuples égyptien et turc. En conséquence, les deux parties se sont déclarées prêtes à poursuivre les consultations techniques entre leurs autorités respectives de l'aviation civile afin d'identifier des solutions pratiques favorisant une croissance équilibrée, renforçant la connectivité et encourageant un partenariat durable dans le domaine de l'aviation civile.
12. Ils décident de créer un comité technique conjoint de coopération dans les domaines pharmaceutique, des dispositifs médicaux, des systèmes de santé, du tourisme médical, de la réadaptation médicale, de l'informatique de santé et des partenariats public-privé, incluant l'échange d'expertise et de bonnes pratiques.
13. Ils réaffirment que la coopération agricole est un pilier du partenariat stratégique, contribuant à renforcer la sécurité alimentaire, la résilience des chaînes d'approvisionnement et le commerce agricole conformément aux normes internationales. Ils conviennent de renforcer leur coopération dans les domaines de la quarantaine des végétaux, des mesures vétérinaires et du commerce des produits animaux.
14. Ils conviennent de renforcer la coopération technique et le développement des capacités dans le secteur agricole par l’échange d’experts, des programmes de formation conjoints et le partage des meilleures pratiques, tout en harmonisant les procédures avec les normes internationales pertinentes et en promouvant l’échange d’informations, la numérisation et les systèmes d’alerte précoce relatifs à la santé des végétaux et des animaux.
15. Ils réaffirment leur engagement à mettre en œuvre le plan d’action conjoint des ministères du Travail des deux pays et à coopérer en matière de mobilité de la main-d’œuvre.
16. Ils expriment leur volonté d’élargir la coopération dans les domaines des antiquités, des musées, de l’archéologie, de la muséologie et de la lutte contre le trafic illicite de biens culturels, ils reconnaissent le tourisme comme un moteur essentiel de la croissance économique et de l’emploi, ils encouragent la coopération pour promouvoir les flux touristiques, les échanges culturels et les opportunités d’investissement, et ils expriment leur satisfaction quant à la coopération culturelle existante, réaffirmant leur volonté de partager leur expertise dans les industries culturelles et créatives et les technologies numériques connexes.
17. Les deux parties expriment leur volonté commune de poursuivre la coopération bilatérale dans l’enseignement supérieur, d’échanger des expériences fructueuses et des bonnes pratiques, et d’explorer de nouvelles opportunités de collaboration future, notamment dans les domaines académiques d’intérêt commun, afin de soutenir et de développer le système universitaire et ses résultats dans les deux pays, conformément aux objectifs du plan du développement durable à l’horizon 2030.
18. Les deux parties conviennent de promouvoir la croissance économique et le développement régional, en particulier en Afrique, et d’encourager la coopération entre les entreprises égyptiennes et turques par le biais de projets conjoints dans les secteurs de la construction, des infrastructures et du développement urbain, en vue de la mise en œuvre de projets à fort impact.
19. Les deux parties réaffirment leur engagement à soutenir un processus politique libyen, mené et pris en charge par les Libyens, sous l’égide des Nations Unies, afin de préserver la sécurité, la stabilité, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité politique de la Libye.
20. Les deux parties réaffirment leur soutien au plan global du président Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza, notamment à l’engagement d’Israël à un retrait complet de Gaza. Ils soulignent le rôle central de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies dans la définition des modalités de la phase de transition intérimaire, jusqu'à ce que l'Autorité palestinienne achève les réformes nécessaires, ouvrant ainsi la voie à son retour à la gouvernance de la bande de Gaza.
21. Les deux pays réaffirment l'impératif de préserver l'unité et l'intégrité territoriale des territoires palestiniens. Ils insistent sur la nécessité d'assurer l'acheminement des aides humanitaires d'une manière urgente, sûre, durable, sans entrave et à grande échelle à Gaza en soulignant l'importance de rouvrir le point de passage de Rafah dans les deux sens. Ils soulignent également l'urgence d'engager, dès que possible, un processus de relèvement rapide et de reconstruction globale sur l'ensemble de la bande de Gaza, sans discrimination. Les deux pays affirment leur volonté de contribuer, aux côtés de la communauté internationale, aux efforts de relèvement et de reconstruction à long terme à Gaza.
22. Les deux pays réaffirment la nécessité d'engager un processus politique en vue de la création d'un État palestinien indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
23. Les deux parties soulignent les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, les avis consultatifs de la Cour internationale de Justice et les mesures conservatoires pertinentes, qui affirment l’illégalité de l’occupation israélienne du territoire palestinien et l’obligation pour la puissance occupante de respecter et d’appliquer le droit international.
24. Les deux parties expriment leur préoccupation face aux politiques et pratiques d’Israël visant à entraver les activités des Nations Unies et de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Elles appellent au respect du mandat, des installations et du statut juridique de l’Office dans le territoire palestinien occupé, ainsi qu’à la pleine facilitation de l’accès de l’aide humanitaire à ce territoire.
25. Les deux parties réaffirment leur ferme attachement à la souveraineté, à l’unité, à la stabilité et à l’intégrité territoriale de la Syrie. Elles soulignent l’importance des efforts de reconstruction, du renforcement des capacités des institutions étatiques et du lancement d’un processus politique global, inclusif et mené par les Syriens, avec la participation de toutes les composantes syriennes.
26. Les deux parties soulignent la nécessité de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, en veillant à ce que le territoire syrien ne devienne pas une menace pour la sécurité et la stabilité des pays voisins et de la région. Elles insistent sur l’importance de s’attaquer au problème des combattants terroristes étrangers associés à ces menaces.
27. Elles condamnent fermement les violations continues de la souveraineté syrienne par Israël et son exploitation de la situation actuelle pour s’emparer de davantage de territoire syrien. Elles soulignent la nécessité pour Israël de respecter l’Accord de désengagement de 1974.
28. Les deux pays soulignent leur soutien indéfectible aux institutions nationales libanaises et aux efforts déployés par les dirigeants actuels pour consolider l’autorité de l’État et garantir que les armes restent exclusivement entre les mains de l’État, par une approche calme, progressive et globale qui préserve l’unité nationale et la paix civile.
29. Elles réaffirment leur soutien indéfectible au Liban, à son gouvernement et à son peuple face à l’agression israélienne persistante et aux violations de la souveraineté libanaise. Ils réitèrent leur condamnation sans équivoque de ces attaques et soulignent qu'une solution durable réside dans la mise en œuvre intégrale et non sélective de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies par toutes les parties.
30. Les deux pays expriment également leur soutien au président Aoun et à son gouvernement, saluant l'initiative lancée pour mettre fin aux attaques israéliennes comme une mesure responsable visant à prévenir toute escalade. Ils réaffirment leur rejet des violations répétées par Israël de l'accord de cessation des hostilités et appellent au retrait d'Israël de tous les territoires occupés, y compris les cinq points de passage frontaliers occupés au Sud-Liban.
31. L'Égypte et la Turquie expriment leur profonde préoccupation concernant le conflit en cours au Soudan. Elles réitèrent leur appel à un règlement pacifique du conflit par le biais d'une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu permanent, suivie d'un dialogue national inclusif et d'un processus politique global, mené et pris en charge par les Soudanais.
32. Les deux parties réaffirment leur respect et leur engagement envers la souveraineté, l’unité, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Soudan, ainsi que leur soutien aux institutions nationales soudanaises et leur rejet catégorique de l’établissement de toute structure de gouvernement parallèle au Soudan. Les deux pays réaffirment leur soutien aux efforts déployés par les acteurs régionaux et internationaux, notamment le Quartet, l’Union africaine et la Ligue des États arabes, pour trouver une solution politique au conflit et soulager les souffrances du peuple soudanais. Ils soulignent également la nécessité de garantir un accès humanitaire durable et sans entrave, d’accroître le volume des aides humanitaires au Soudan et aux pays voisins, et de créer des zones de sécurité et des corridors afin de renforcer la protection du peuple soudanais et de faciliter l’accès des aides humanitaires.
33. Les deux pays insistent sur la nécessité de lutter contre le terrorisme dans la région du Sahel. À cet égard, ils poursuivront leurs efforts pour renforcer les capacités des pays du Sahel à combattre les groupes terroristes, en coordination avec les gouvernements concernés. Convaincus que la stabilité de la région du Sahel exige l’engagement de toutes les parties prenantes, ils réaffirment l’importance d’accélérer le processus de réintégration des trois pays du Sahel au sein de l’Union africaine.
34. Par ailleurs, les deux pays expriment leur vive préoccupation face à la grave crise humanitaire qui sévit dans la région du Sahel, conséquence de l’escalade des activités terroristes et du déplacement de millions de personnes. Ils appellent la communauté internationale, les agences des Nations Unies et les organisations humanitaires à intensifier leurs efforts pour faire face à cette crise, en concertation avec les gouvernements concernés.
35. Concernant la Corne de l’Afrique, les deux parties réaffirment leur soutien indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie et réitèrent leur rejet de toute action susceptible de les compromettre. Elles saluent également les efforts conjoints déployés en République fédérale de Somalie pour lutter contre le terrorisme, promouvoir la stabilité et favoriser un développement durable.
36. Les deux parties soulignent l'importance de sécuriser la mer Rouge et de rétablir un niveau normal de navigation maritime internationale, et condamnent toute tentative d'établir une présence militaire sur ses rives en violation du droit et des normes internationales.
37. Les deux pays conviennent d'intensifier leur coordination, avec les autres États régionaux concernés, afin de soutenir les efforts de désescalade au Moyen-Orient et de créer un environnement propice à la reprise des négociations entre les États-Unis et l'Iran, fondées sur la bonne foi et le respect mutuel, en vue de parvenir à un accord mutuellement avantageux qui consolide la paix, la stabilité et la prospérité au Moyen-Orient.
38. Ils reconnaissent l'importance vitale du Nil pour l'Égypte, compte tenu de la rareté de l'eau dans le pays. Prenant en considération l'impact néfaste des changements climatiques sur les ressources en eau, ils conviennent de renforcer leur coopération technique en matière d'utilisation durable de l'eau.
39. Les deux parties conviennent de poursuivre leur étroite coopération dans le cadre des organisations internationales et régionales.
40. Les deux parties sont convenus de tenir la prochaine réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau en 2028 à Ankara.
Signé au Caire le 4 février 2026.
Le Président de la République arabe d'Égypte
Abdel Fattah Al-Sissi
Le Président de la République de Turquie
Recep Tayyip Erdoğan
mercredi, 04 février 2026 / 04:54
Déclaration conjointe de la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau entre la République arabe d’Égypte et la République de Turquie (Le Caire, le 4 février 2026)
La République arabe d’Égypte et la République de Turquie (ci-après dénommées « les Parties ») ;
Rappelant la création du Conseil de coopération stratégique de haut niveau et la tenue de sa première réunion à Ankara le 4 septembre 2024, coprésidée par les Présidents des deux États ;
Guidées par les liens historiques fraternels et anciens qui unissent la République arabe d’Égypte et la République de Turquie, et par leur engagement commun à développer les relations bilatérales sur la base du respect et de l’intérêt mutuels ;
Constatant avec satisfaction la dynamique positive insufflée aux relations bilatérales ces dernières années ;
Affirmant leur détermination à renforcer la coordination et la coopération au sein des instances internationales et régionales afin de soutenir les efforts mondiaux déployés pour relever les défis communs, notamment la paix et la sécurité internationales, le développement durable, le changement climatique, la protection de l’environnement et la sécurité alimentaire ;
Reconnaissant le rôle essentiel de la coopération économique dans la promotion de la prospérité et d’un développement socio-économique inclusif grâce à un partenariat productif et mutuellement avantageux ;
Réunis à l’occasion de la deuxième réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau, tenue au Caire le 4 février 2026 sous la coprésidence des deux chefs d’État ;
1. Réaffirmant le rôle du Groupe de planification conjoint comme principal mécanisme de supervision et de coordination des relations bilatérales dans tous les domaines, se félicitant des résultats de sa réunion du 12 novembre 2025 et réitérant l’importance d’une coordination institutionnelle efficace et d’un suivi rigoureux pour garantir la mise en œuvre et obtenir des résultats tangibles.
2. Se félicitant de la signature de mémorandums d'accord dans des domaines clés, notamment la coopération en matière de défense, d’investissement, de commerce, d’agriculture, de santé, de jeunesse et de sport, et de protection sociale.
3. Prenant acte de la forte croissance du volume des échanges commerciaux bilatéraux, qui avoisine désormais les 9 milliards de dollars américains, en affirmant que ces progrès témoignent de la volonté politique commune d’élever les relations à un nouveau niveau de partenariat stratégique. Ils réaffirment leur objectif commun d'accroître le volume des échanges commerciaux bilatéraux à 15 milliards de dollars américains d'ici à 2028, grâce à un renforcement accru des liens économiques et commerciaux.
4. Ils soulignent le rôle essentiel d'un environnement favorable aux investissements mutuels pour promouvoir des relations économiques bilatérales durables, équilibrées et mutuellement avantageuses. Ils encouragent les échanges de délégations, l'organisation d'expositions et la tenue de forums d'investissement afin de renforcer la coopération commerciale et les opportunités d'investissement dans les deux pays.
5. Ils conviennent de poursuivre l'amélioration du climat d'investissement dans les deux pays et, à cet égard, saluent la création du Comité national pour la promotion et le suivi des investissements turcs en Égypte, dont l'objectif est de faciliter davantage les procédures d'investissement.
6. Ils décident de renforcer la coopération industrielle et la production conjointe dans les secteurs prioritaires, afin de développer la production locale et de faciliter les transferts de technologie selon des modalités mutuellement convenues. Ils affirment l'importance de renforcer les investissements mutuels et les partenariats industriels, notamment les zones industrielles communes et les projets destinés aux marchés régionaux et internationaux, soulignant l'importance de renforcer la coopération en matière de transfert de technologie, d'innovation et de renforcement des capacités par le biais de la formation, des partenariats institutionnels et des échanges d'expertises. Ils s’engagent à renforcer leur coopération en matière de production à faibles émissions et de transition écologique, notamment dans les domaines de l’efficacité énergétique, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets et des projets industriels à faibles émissions de carbone.
7. Les deux parties réaffirment leur engagement à renforcer leur coopération économique, en mettant l’accent sur la réforme économique, les secteurs à forte productivité, les infrastructures de pointe et la croissance tirée par le secteur privé, tout en reconnaissant les grands potentiels de coopération dans l’innovation industrielle et la production à haute valeur ajoutée, à titre d'exemple dans les industries de l’automobile et des machines, de la construction et du développement des infrastructures, des énergies renouvelables, de l’agriculture, de l’agro-industrie et du tourisme.
8. Ils conviennent de renforcer leur coopération dans les secteurs de l’électricité et des énergies renouvelables dans le cadre du Mémorandum d’accord signé en septembre 2024 et décident de désigner des points focaux nationaux chargés de coordonner les groupes de travail conjoints dans les domaines de l’énergie conventionnelle, des énergies renouvelables et de l’hydrogène vert, ainsi que de l’énergie nucléaire.
9. Les deux parties réaffirment l’importance de la mise en œuvre du Mémorandum d’accord sur les hydrocarbures et l’exploitation minière signé en mai 2025. Dans ce contexte, elles conviennent de coopérer dans les activités d’exploration et de développement des hydrocarbures et de l’exploitation minière en Égypte, notamment par l’intermédiaire de leurs entreprises et institutions publiques, et d’échanger leurs expériences en matière d’activités géologiques et de technologies minières modernes.
10. Elles décident de renforcer leur coopération macroéconomique en redynamisant la coopération douanière dans le cadre des instruments juridiques existants, notamment par l’échange de listes actualisées de clients du programme de l'Opérateur Economique Agréé (OEA), afin de faciliter les échanges commerciaux et d’améliorer l’efficacité des chaînes d’approvisionnement. Elles conviennent également d’instaurer un dialogue financier de haut niveau entre leurs ministères des Finances pour échanger leur expertise, suivre l’évolution de la situation financière régionale et internationale et explorer les possibilités de renforcer la coopération économique et les investissements.
11. Ils reconnaissent le rôle stratégique de l'aviation civile comme un élément clé pour faciliter la coopération économique, le commerce, le tourisme, les investissements et la communication entre les peuples égyptien et turc. En conséquence, les deux parties se sont déclarées prêtes à poursuivre les consultations techniques entre leurs autorités respectives de l'aviation civile afin d'identifier des solutions pratiques favorisant une croissance équilibrée, renforçant la connectivité et encourageant un partenariat durable dans le domaine de l'aviation civile.
12. Ils décident de créer un comité technique conjoint de coopération dans les domaines pharmaceutique, des dispositifs médicaux, des systèmes de santé, du tourisme médical, de la réadaptation médicale, de l'informatique de santé et des partenariats public-privé, incluant l'échange d'expertise et de bonnes pratiques.
13. Ils réaffirment que la coopération agricole est un pilier du partenariat stratégique, contribuant à renforcer la sécurité alimentaire, la résilience des chaînes d'approvisionnement et le commerce agricole conformément aux normes internationales. Ils conviennent de renforcer leur coopération dans les domaines de la quarantaine des végétaux, des mesures vétérinaires et du commerce des produits animaux.
14. Ils conviennent de renforcer la coopération technique et le développement des capacités dans le secteur agricole par l’échange d’experts, des programmes de formation conjoints et le partage des meilleures pratiques, tout en harmonisant les procédures avec les normes internationales pertinentes et en promouvant l’échange d’informations, la numérisation et les systèmes d’alerte précoce relatifs à la santé des végétaux et des animaux.
15. Ils réaffirment leur engagement à mettre en œuvre le plan d’action conjoint des ministères du Travail des deux pays et à coopérer en matière de mobilité de la main-d’œuvre.
16. Ils expriment leur volonté d’élargir la coopération dans les domaines des antiquités, des musées, de l’archéologie, de la muséologie et de la lutte contre le trafic illicite de biens culturels, ils reconnaissent le tourisme comme un moteur essentiel de la croissance économique et de l’emploi, ils encouragent la coopération pour promouvoir les flux touristiques, les échanges culturels et les opportunités d’investissement, et ils expriment leur satisfaction quant à la coopération culturelle existante, réaffirmant leur volonté de partager leur expertise dans les industries culturelles et créatives et les technologies numériques connexes.
17. Les deux parties expriment leur volonté commune de poursuivre la coopération bilatérale dans l’enseignement supérieur, d’échanger des expériences fructueuses et des bonnes pratiques, et d’explorer de nouvelles opportunités de collaboration future, notamment dans les domaines académiques d’intérêt commun, afin de soutenir et de développer le système universitaire et ses résultats dans les deux pays, conformément aux objectifs du plan du développement durable à l’horizon 2030.
18. Les deux parties conviennent de promouvoir la croissance économique et le développement régional, en particulier en Afrique, et d’encourager la coopération entre les entreprises égyptiennes et turques par le biais de projets conjoints dans les secteurs de la construction, des infrastructures et du développement urbain, en vue de la mise en œuvre de projets à fort impact.
19. Les deux parties réaffirment leur engagement à soutenir un processus politique libyen, mené et pris en charge par les Libyens, sous l’égide des Nations Unies, afin de préserver la sécurité, la stabilité, la souveraineté, l’intégrité territoriale et l’unité politique de la Libye.
20. Les deux parties réaffirment leur soutien au plan global du président Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza, notamment à l’engagement d’Israël à un retrait complet de Gaza. Ils soulignent le rôle central de la résolution 2803 du Conseil de sécurité des Nations Unies dans la définition des modalités de la phase de transition intérimaire, jusqu'à ce que l'Autorité palestinienne achève les réformes nécessaires, ouvrant ainsi la voie à son retour à la gouvernance de la bande de Gaza.
21. Les deux pays réaffirment l'impératif de préserver l'unité et l'intégrité territoriale des territoires palestiniens. Ils insistent sur la nécessité d'assurer l'acheminement des aides humanitaires d'une manière urgente, sûre, durable, sans entrave et à grande échelle à Gaza en soulignant l'importance de rouvrir le point de passage de Rafah dans les deux sens. Ils soulignent également l'urgence d'engager, dès que possible, un processus de relèvement rapide et de reconstruction globale sur l'ensemble de la bande de Gaza, sans discrimination. Les deux pays affirment leur volonté de contribuer, aux côtés de la communauté internationale, aux efforts de relèvement et de reconstruction à long terme à Gaza.
22. Les deux pays réaffirment la nécessité d'engager un processus politique en vue de la création d'un État palestinien indépendant dans les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale.
23. Les deux parties soulignent les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale, les avis consultatifs de la Cour internationale de Justice et les mesures conservatoires pertinentes, qui affirment l’illégalité de l’occupation israélienne du territoire palestinien et l’obligation pour la puissance occupante de respecter et d’appliquer le droit international.
24. Les deux parties expriment leur préoccupation face aux politiques et pratiques d’Israël visant à entraver les activités des Nations Unies et de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA). Elles appellent au respect du mandat, des installations et du statut juridique de l’Office dans le territoire palestinien occupé, ainsi qu’à la pleine facilitation de l’accès de l’aide humanitaire à ce territoire.
25. Les deux parties réaffirment leur ferme attachement à la souveraineté, à l’unité, à la stabilité et à l’intégrité territoriale de la Syrie. Elles soulignent l’importance des efforts de reconstruction, du renforcement des capacités des institutions étatiques et du lancement d’un processus politique global, inclusif et mené par les Syriens, avec la participation de toutes les composantes syriennes.
26. Les deux parties soulignent la nécessité de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes et manifestations, en veillant à ce que le territoire syrien ne devienne pas une menace pour la sécurité et la stabilité des pays voisins et de la région. Elles insistent sur l’importance de s’attaquer au problème des combattants terroristes étrangers associés à ces menaces.
27. Elles condamnent fermement les violations continues de la souveraineté syrienne par Israël et son exploitation de la situation actuelle pour s’emparer de davantage de territoire syrien. Elles soulignent la nécessité pour Israël de respecter l’Accord de désengagement de 1974.
28. Les deux pays soulignent leur soutien indéfectible aux institutions nationales libanaises et aux efforts déployés par les dirigeants actuels pour consolider l’autorité de l’État et garantir que les armes restent exclusivement entre les mains de l’État, par une approche calme, progressive et globale qui préserve l’unité nationale et la paix civile.
29. Elles réaffirment leur soutien indéfectible au Liban, à son gouvernement et à son peuple face à l’agression israélienne persistante et aux violations de la souveraineté libanaise. Ils réitèrent leur condamnation sans équivoque de ces attaques et soulignent qu'une solution durable réside dans la mise en œuvre intégrale et non sélective de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies par toutes les parties.
30. Les deux pays expriment également leur soutien au président Aoun et à son gouvernement, saluant l'initiative lancée pour mettre fin aux attaques israéliennes comme une mesure responsable visant à prévenir toute escalade. Ils réaffirment leur rejet des violations répétées par Israël de l'accord de cessation des hostilités et appellent au retrait d'Israël de tous les territoires occupés, y compris les cinq points de passage frontaliers occupés au Sud-Liban.
31. L'Égypte et la Turquie expriment leur profonde préoccupation concernant le conflit en cours au Soudan. Elles réitèrent leur appel à un règlement pacifique du conflit par le biais d'une trêve humanitaire menant à un cessez-le-feu permanent, suivie d'un dialogue national inclusif et d'un processus politique global, mené et pris en charge par les Soudanais.
32. Les deux parties réaffirment leur respect et leur engagement envers la souveraineté, l’unité, l’indépendance et l’intégrité territoriale du Soudan, ainsi que leur soutien aux institutions nationales soudanaises et leur rejet catégorique de l’établissement de toute structure de gouvernement parallèle au Soudan. Les deux pays réaffirment leur soutien aux efforts déployés par les acteurs régionaux et internationaux, notamment le Quartet, l’Union africaine et la Ligue des États arabes, pour trouver une solution politique au conflit et soulager les souffrances du peuple soudanais. Ils soulignent également la nécessité de garantir un accès humanitaire durable et sans entrave, d’accroître le volume des aides humanitaires au Soudan et aux pays voisins, et de créer des zones de sécurité et des corridors afin de renforcer la protection du peuple soudanais et de faciliter l’accès des aides humanitaires.
33. Les deux pays insistent sur la nécessité de lutter contre le terrorisme dans la région du Sahel. À cet égard, ils poursuivront leurs efforts pour renforcer les capacités des pays du Sahel à combattre les groupes terroristes, en coordination avec les gouvernements concernés. Convaincus que la stabilité de la région du Sahel exige l’engagement de toutes les parties prenantes, ils réaffirment l’importance d’accélérer le processus de réintégration des trois pays du Sahel au sein de l’Union africaine.
34. Par ailleurs, les deux pays expriment leur vive préoccupation face à la grave crise humanitaire qui sévit dans la région du Sahel, conséquence de l’escalade des activités terroristes et du déplacement de millions de personnes. Ils appellent la communauté internationale, les agences des Nations Unies et les organisations humanitaires à intensifier leurs efforts pour faire face à cette crise, en concertation avec les gouvernements concernés.
35. Concernant la Corne de l’Afrique, les deux parties réaffirment leur soutien indéfectible à la souveraineté, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République fédérale de Somalie et réitèrent leur rejet de toute action susceptible de les compromettre. Elles saluent également les efforts conjoints déployés en République fédérale de Somalie pour lutter contre le terrorisme, promouvoir la stabilité et favoriser un développement durable.
36. Les deux parties soulignent l'importance de sécuriser la mer Rouge et de rétablir un niveau normal de navigation maritime internationale, et condamnent toute tentative d'établir une présence militaire sur ses rives en violation du droit et des normes internationales.
37. Les deux pays conviennent d'intensifier leur coordination, avec les autres États régionaux concernés, afin de soutenir les efforts de désescalade au Moyen-Orient et de créer un environnement propice à la reprise des négociations entre les États-Unis et l'Iran, fondées sur la bonne foi et le respect mutuel, en vue de parvenir à un accord mutuellement avantageux qui consolide la paix, la stabilité et la prospérité au Moyen-Orient.
38. Ils reconnaissent l'importance vitale du Nil pour l'Égypte, compte tenu de la rareté de l'eau dans le pays. Prenant en considération l'impact néfaste des changements climatiques sur les ressources en eau, ils conviennent de renforcer leur coopération technique en matière d'utilisation durable de l'eau.
39. Les deux parties conviennent de poursuivre leur étroite coopération dans le cadre des organisations internationales et régionales.
40. Les deux parties sont convenus de tenir la prochaine réunion du Conseil de coopération stratégique de haut niveau en 2028 à Ankara.
Signé au Caire le 4 février 2026.
Le Président de la République arabe d'Égypte
Abdel Fattah Al-Sissi
Le Président de la République de Turquie
Recep Tayyip Erdoğan