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Discours du Président Al-Sissi lors de la réunion consultative tenue à Nicosie

vendredi, 24 avril 2026 / 05:30

Au nom d’Allah le Tout Clément, le Très Miséricordieux,

Votre Excellence Monsieur Nikos Christodoulides, Président de la République de Chypre,

Votre Excellence Monsieur António Costa, Président du Conseil européen,

Votre Excellence Madame Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne,

Mesdames et Messieurs ;

Excellences, Chefs d'État et de Gouvernement des pays arabes et européens amis,

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous,

C'est avec plaisir que je commence mon discours en exprimant mes sincères remerciements à mes chers amis, Son Excellence le Président Christodoulides et Monsieur Costa, pour leur aimable invitation. J'exprime également ma gratitude aux dirigeants européens amis pour leur participation à cette réunion, qui se tient à un moment critique, alors que le Moyen-Orient est plongé dans des crises et des conflits qui menacent depuis des années les espoirs de stabilité et de développement de ses peuples.

Notre réunion d'aujourd'hui témoigne d'une profonde compréhension du destin commun des deux rives de la Méditerranée. Les crises qui frappent notre région ne se limitent pas à ses frontières, leurs répercussions touchent tout le monde, et en particulier le continent européen, qui compte parmi les parties les plus affectées par ces événements.

Mesdames et Messieurs,

La crise iranienne a jeté une ombre sur l'ensemble de la situation internationale, avec de graves répercussions sur la stabilité de la région, la navigation maritime et l'économie mondiale, notamment sur la sécurité et les prix de l'énergie et de l'alimentation, ainsi que sur la perturbation des chaînes d'approvisionnement, sans parler du risque potentiel de contamination nucléaire, qui constitue une catastrophe en soi. L’Égypte tient toujours à déployer des efforts considérables pour contenir le conflit et empêcher son escalade, surtout face aux attaques iraniennes odieuses – inacceptables en toutes circonstances – qui ont ciblé les États arabes du Golfe, la Jordanie et l'Irak frère. Nous réitérons notre condamnation et notre rejet sans réserve de ces attaques, ainsi que de toute menace à la sécurité des États arabes. Je tiens également à souligner notre soutien indéfectible à la sécurité de nos États arabes frères, que nous considérons comme partie intégrante de la sécurité nationale égyptienne.

Mesdames et Messieurs,

La position égyptienne demeure claire et sans équivoque. Elle réaffirme avec force que la voie politique reste le seul moyen acceptable de surmonter la situation actuelle et d’instaurer une stabilité durable. L’Égypte exige la nécessité du plein respect de la liberté de navigation et sur l’importance de la sécurisation des voies navigables internationales, principe fondamental et stable du droit international. L’Égypte affirme que les récents développements ont démontré sans aucun doute que le règlement pacifique des différends est devenu une nécessité, et non une option, tout comme la nécessité d’établir une zone exempte d’armes de destruction massive dans tout le Moyen-Orient et d’appliquer de manière globale et non sélective le régime de non-prolifération nucléaire dans la région. La cause palestinienne demeure au cœur des crises régionales et constitue un enjeu central pour le monde arabe et le Moyen-Orient. J’insiste sur l’importance de ne pas permettre à aucune partie d’exploiter la situation régionale et de prendre des mesures qui compromettent les perspectives de paix et de coexistence entre les peuples palestinien et israélien, fondées sur la solution à deux États. Face à la situation toujours extrêmement instable dans les territoires palestiniens occupés, soit la Cisjordanie ou la bande de Gaza, je souhaite vous présenter plusieurs faits fondamentaux :

Premièrement : La nécessité pour le peuple palestinien de rester sur sa terre et l’importance d’efforts concertés pour empêcher la politique de colonisation, ainsi que toute tentative de déplacement forcé ou de liquidation de la cause palestinienne.

Deuxièmement : L’importance pour le Comité national palestinien d’assumer ses responsabilités dans la gestion de la bande de Gaza, ainsi que le déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation pour assurer le respect du cessez-le-feu.

Troisièmement : Il est impératif qu'Israël respecte ses obligations au titre de la première phase et que toutes les parties s'engagent à poursuivre la mise en œuvre de la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Quatrièmement : Le lancement immédiat des projets de relèvement et de reconstruction dans toute la bande de Gaza afin d'assurer le retour à une vie normale pour le peuple palestinien.

Dans cette perspective, j'exhorte l'Union européenne et ses États membres à continuer de soutenir la cause palestinienne et à ne pas la reléguer au second plan, car il n'existe aucune alternative à la création d'un État palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, conformément à la solution à deux États, reconnue par la communauté internationale comme l'unique voie vers une paix durable dans la région.

Mesdames et Messieurs,

La stabilité de notre Liban frère est une priorité absolue pour l'Égypte, et nous insistons sur l'importance du respect du cessez-le-feu récemment conclu et des efforts concertés de tous les partenaires pour prévenir une nouvelle escalade. Je réaffirme également notre plein soutien aux efforts de l'État libanais et de ses institutions, en mettant l'accent sur la nécessité pour la communauté internationale d'assumer ses responsabilités en soutenant les institutions nationales libanaises afin qu'elles puissent jouer pleinement leur rôle et œuvrer pour la fin de l'occupation et de l'agression israéliennes.

Par ailleurs, je tiens à réitérer notre position inébranlable en faveur de la souveraineté et de l'unité de notre nation sœur, le Soudan, et la nécessité de soutenir ses institutions nationales et de rejeter toute tentative de les assimiler à des entités parallèles.

À cet égard, l'Égypte est disposée à participer à tous les efforts visant à rétablir la stabilité au Soudan et à accélérer l'instauration d'une trêve humanitaire. Nous comptons sur l'Union européenne pour continuer à jouer un rôle de soutien conforme à notre approche de la crise au Soudan.

Mesdames et Messieurs,

Les relations égypto-européennes s'appuient sur une longue histoire de coopération fructueuse, hissées au rang de partenariat stratégique global en 2024, elles ont abouti à un premier sommet en octobre 2025. Ce partenariat témoigne d'une compréhension mutuelle de l'importance de la coopération pour la réalisation d'intérêts communs et le renforcement de la stabilité régionale. Je tiens à réaffirmer notre engagement indéfectible à faire progresser ce partenariat de manière à servir les intérêts concrets des deux parties, notamment dans les domaines prioritaires. Cet engagement se traduit par les trois piliers du Nouveau Pacte méditerranéen, dont le premier plan d'action a été récemment adopté : le développement humain, l'économie et la durabilité, et la sécurité et les migrations.

En matière de développement humain, l'Égypte considère le capital humain comme le fondement du développement durable. C'est pourquoi un investissement conjoint dans l'éducation, la recherche scientifique et le transfert de technologies contribuera au développement de l'Égypte et lui permettra de devenir un pôle industriel pour l'Union européenne. Cela améliorera également l'employabilité des jeunes, contribuant ainsi à réduire l'immigration clandestine par la création d'opportunités d'emplois locaux.

Sur le plan économique… L’Égypte s’efforce de s’intégrer aux chaînes de valeur européennes et mondiales en développant son industrie et en commençant à exporter des produits à forte valeur ajoutée. L’expérience de ces dernières années a démontré que l’Égypte est un partenaire fiable pour l’Union européenne, conformément à la politique de diversification des chaînes d’approvisionnement de l’UE. En matière de migration, l’Égypte a assumé ses responsabilités dans la lutte contre l’immigration clandestine, un rôle salué par de nombreux partenaires. L’Égypte accueille environ dix millions de migrants contraints de quitter leur pays en raison de circonstances difficiles, et ne bénéficie que d’un soutien financier extérieur limité. Pleinement conscients de l’importance de la question migratoire pour l’Europe, nous aspirons à un partenariat global sur ce sujet, incluant le soutien à la création d’emplois, au développement, au renforcement des capacités et à la mise en place de voies d’accès à la migration légale et à la mobilité pour les études et le travail. L’objectif est de s’attaquer aux causes profondes des migrations grâce à un programme de développement commun.

Mesdames et Messieurs,

Ce qui se passe en Europe a un impact sur notre région, et vice versa. Mettons nous d'accord sur les effets des crises que nous avons récemment traversées qui exigent l'urgence d'un dialogue, d'efforts concertés, d'une coopération et d'un soutien mutuels entre partenaires afin de forger des accords communs qui contribueront à prévenir la récurrence de tels conflits.

Il est donc devenu évident que l'isolement d'aucune partie n'est pas la voie de la stabilité. Au contraire, la voie à suivre réside dans le dialogue avec tous les partenaires, en abordant les problèmes avec courage, en partageant les fardeaux et les responsabilités, et en formulant des idées et des visions communes visant à assurer le meilleur avenir à nos peuples et aux générations futures.

Merci. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous.

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Allocutions du Président de la République 24 avril 2026

Discours du Président Al-Sissi lors de la réunion consultative tenue à Nicosie

vendredi, 24 avril 2026 / 05:30

Au nom d’Allah le Tout Clément, le Très Miséricordieux,

Votre Excellence Monsieur Nikos Christodoulides, Président de la République de Chypre,

Votre Excellence Monsieur António Costa, Président du Conseil européen,

Votre Excellence Madame Ursula von der Leyen, Présidente de la Commission européenne,

Mesdames et Messieurs ;

Excellences, Chefs d'État et de Gouvernement des pays arabes et européens amis,

Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous,

C'est avec plaisir que je commence mon discours en exprimant mes sincères remerciements à mes chers amis, Son Excellence le Président Christodoulides et Monsieur Costa, pour leur aimable invitation. J'exprime également ma gratitude aux dirigeants européens amis pour leur participation à cette réunion, qui se tient à un moment critique, alors que le Moyen-Orient est plongé dans des crises et des conflits qui menacent depuis des années les espoirs de stabilité et de développement de ses peuples.

Notre réunion d'aujourd'hui témoigne d'une profonde compréhension du destin commun des deux rives de la Méditerranée. Les crises qui frappent notre région ne se limitent pas à ses frontières, leurs répercussions touchent tout le monde, et en particulier le continent européen, qui compte parmi les parties les plus affectées par ces événements.

Mesdames et Messieurs,

La crise iranienne a jeté une ombre sur l'ensemble de la situation internationale, avec de graves répercussions sur la stabilité de la région, la navigation maritime et l'économie mondiale, notamment sur la sécurité et les prix de l'énergie et de l'alimentation, ainsi que sur la perturbation des chaînes d'approvisionnement, sans parler du risque potentiel de contamination nucléaire, qui constitue une catastrophe en soi. L’Égypte tient toujours à déployer des efforts considérables pour contenir le conflit et empêcher son escalade, surtout face aux attaques iraniennes odieuses – inacceptables en toutes circonstances – qui ont ciblé les États arabes du Golfe, la Jordanie et l'Irak frère. Nous réitérons notre condamnation et notre rejet sans réserve de ces attaques, ainsi que de toute menace à la sécurité des États arabes. Je tiens également à souligner notre soutien indéfectible à la sécurité de nos États arabes frères, que nous considérons comme partie intégrante de la sécurité nationale égyptienne.

Mesdames et Messieurs,

La position égyptienne demeure claire et sans équivoque. Elle réaffirme avec force que la voie politique reste le seul moyen acceptable de surmonter la situation actuelle et d’instaurer une stabilité durable. L’Égypte exige la nécessité du plein respect de la liberté de navigation et sur l’importance de la sécurisation des voies navigables internationales, principe fondamental et stable du droit international. L’Égypte affirme que les récents développements ont démontré sans aucun doute que le règlement pacifique des différends est devenu une nécessité, et non une option, tout comme la nécessité d’établir une zone exempte d’armes de destruction massive dans tout le Moyen-Orient et d’appliquer de manière globale et non sélective le régime de non-prolifération nucléaire dans la région. La cause palestinienne demeure au cœur des crises régionales et constitue un enjeu central pour le monde arabe et le Moyen-Orient. J’insiste sur l’importance de ne pas permettre à aucune partie d’exploiter la situation régionale et de prendre des mesures qui compromettent les perspectives de paix et de coexistence entre les peuples palestinien et israélien, fondées sur la solution à deux États. Face à la situation toujours extrêmement instable dans les territoires palestiniens occupés, soit la Cisjordanie ou la bande de Gaza, je souhaite vous présenter plusieurs faits fondamentaux :

Premièrement : La nécessité pour le peuple palestinien de rester sur sa terre et l’importance d’efforts concertés pour empêcher la politique de colonisation, ainsi que toute tentative de déplacement forcé ou de liquidation de la cause palestinienne.

Deuxièmement : L’importance pour le Comité national palestinien d’assumer ses responsabilités dans la gestion de la bande de Gaza, ainsi que le déploiement rapide d’une force internationale de stabilisation pour assurer le respect du cessez-le-feu.

Troisièmement : Il est impératif qu'Israël respecte ses obligations au titre de la première phase et que toutes les parties s'engagent à poursuivre la mise en œuvre de la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Quatrièmement : Le lancement immédiat des projets de relèvement et de reconstruction dans toute la bande de Gaza afin d'assurer le retour à une vie normale pour le peuple palestinien.

Dans cette perspective, j'exhorte l'Union européenne et ses États membres à continuer de soutenir la cause palestinienne et à ne pas la reléguer au second plan, car il n'existe aucune alternative à la création d'un État palestinien indépendant sur les frontières du 4 juin 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, conformément à la solution à deux États, reconnue par la communauté internationale comme l'unique voie vers une paix durable dans la région.

Mesdames et Messieurs,

La stabilité de notre Liban frère est une priorité absolue pour l'Égypte, et nous insistons sur l'importance du respect du cessez-le-feu récemment conclu et des efforts concertés de tous les partenaires pour prévenir une nouvelle escalade. Je réaffirme également notre plein soutien aux efforts de l'État libanais et de ses institutions, en mettant l'accent sur la nécessité pour la communauté internationale d'assumer ses responsabilités en soutenant les institutions nationales libanaises afin qu'elles puissent jouer pleinement leur rôle et œuvrer pour la fin de l'occupation et de l'agression israéliennes.

Par ailleurs, je tiens à réitérer notre position inébranlable en faveur de la souveraineté et de l'unité de notre nation sœur, le Soudan, et la nécessité de soutenir ses institutions nationales et de rejeter toute tentative de les assimiler à des entités parallèles.

À cet égard, l'Égypte est disposée à participer à tous les efforts visant à rétablir la stabilité au Soudan et à accélérer l'instauration d'une trêve humanitaire. Nous comptons sur l'Union européenne pour continuer à jouer un rôle de soutien conforme à notre approche de la crise au Soudan.

Mesdames et Messieurs,

Les relations égypto-européennes s'appuient sur une longue histoire de coopération fructueuse, hissées au rang de partenariat stratégique global en 2024, elles ont abouti à un premier sommet en octobre 2025. Ce partenariat témoigne d'une compréhension mutuelle de l'importance de la coopération pour la réalisation d'intérêts communs et le renforcement de la stabilité régionale. Je tiens à réaffirmer notre engagement indéfectible à faire progresser ce partenariat de manière à servir les intérêts concrets des deux parties, notamment dans les domaines prioritaires. Cet engagement se traduit par les trois piliers du Nouveau Pacte méditerranéen, dont le premier plan d'action a été récemment adopté : le développement humain, l'économie et la durabilité, et la sécurité et les migrations.

En matière de développement humain, l'Égypte considère le capital humain comme le fondement du développement durable. C'est pourquoi un investissement conjoint dans l'éducation, la recherche scientifique et le transfert de technologies contribuera au développement de l'Égypte et lui permettra de devenir un pôle industriel pour l'Union européenne. Cela améliorera également l'employabilité des jeunes, contribuant ainsi à réduire l'immigration clandestine par la création d'opportunités d'emplois locaux.

Sur le plan économique… L’Égypte s’efforce de s’intégrer aux chaînes de valeur européennes et mondiales en développant son industrie et en commençant à exporter des produits à forte valeur ajoutée. L’expérience de ces dernières années a démontré que l’Égypte est un partenaire fiable pour l’Union européenne, conformément à la politique de diversification des chaînes d’approvisionnement de l’UE. En matière de migration, l’Égypte a assumé ses responsabilités dans la lutte contre l’immigration clandestine, un rôle salué par de nombreux partenaires. L’Égypte accueille environ dix millions de migrants contraints de quitter leur pays en raison de circonstances difficiles, et ne bénéficie que d’un soutien financier extérieur limité. Pleinement conscients de l’importance de la question migratoire pour l’Europe, nous aspirons à un partenariat global sur ce sujet, incluant le soutien à la création d’emplois, au développement, au renforcement des capacités et à la mise en place de voies d’accès à la migration légale et à la mobilité pour les études et le travail. L’objectif est de s’attaquer aux causes profondes des migrations grâce à un programme de développement commun.

Mesdames et Messieurs,

Ce qui se passe en Europe a un impact sur notre région, et vice versa. Mettons nous d'accord sur les effets des crises que nous avons récemment traversées qui exigent l'urgence d'un dialogue, d'efforts concertés, d'une coopération et d'un soutien mutuels entre partenaires afin de forger des accords communs qui contribueront à prévenir la récurrence de tels conflits.

Il est donc devenu évident que l'isolement d'aucune partie n'est pas la voie de la stabilité. Au contraire, la voie à suivre réside dans le dialogue avec tous les partenaires, en abordant les problèmes avec courage, en partageant les fardeaux et les responsabilités, et en formulant des idées et des visions communes visant à assurer le meilleur avenir à nos peuples et aux générations futures.

Merci. Que la paix, la miséricorde et les bénédictions d’Allah soient sur vous.